Visite du Saint Siège

Avant d’écrire la moindre ligne, le premier travail consiste à être en veille, et sur tout ce qui peut être intéressant dans le Simracing. Une phrase anodine qui pourtant balaye large. Tout ne finit pas en article évidemment. Et parfois c’est le contraire, on trouve quelque chose sur lequel on ne peut rien écrire, peu importe la raison. Ainsi il y a quelques années, comme vous sans doute, je suis tombé sur un projet de fauteuil dynamique bien différent, le GS-105 de Geko Systems. Il m’était difficile d’aller les voir, puisqu’ils sont basés en Pologne. Il n’était pas non plus évident de pouvoir essayer le fauteuil quelque part, près de chez moi, celui-ci étant produit en petite série. Pourtant la chance, et quelques années, m’ont permis de tomber sur cette annonce sur RacingFR. Allons voir de quoi il en retourne, enfin !

Le GS-105 : Kesako

Un simulateur dynamique retranscrit le mouvement le plus fidèlement, disent les plaquettes publicitaires. Les solutions techniques pour y parvenir sont diverses, que ce soit en architecture, en mouvement ou en rendu. Notre carte, d’ailleurs, rend bien compte de cette variété. Pourtant, en y regardant de plus près, l’ensemble des simulateurs dynamiques est basé sur le mouvement d’une plateforme dans lequel le pilote prend place. C’est l’amplitude du mouvement, qui crée la différence, dépendant des vérins ou des moteurs qui sont utilisés. Par exemple, avec des actuateurs D-BOX, les mouvements sont très réactifs, mais ont peu d’amplitude. Avec des vérins de type SCN6, l’amplitude est présente, mais les mouvements de vibration manquent de réactivité. Chaque solution est une affaire de compromis.

Geko Systems apporte une solution encore différente. En effet, le GS-105 est un fauteuil qui interagit directement avec le corps, en appliquant une force variable, en lien avec les mouvements de la voiture en piste. Le corps est en réaction avec le mouvement. Un schéma, souvent, est plus simple que des mots. Une flèche jaune marque la force d’un mouvement appliqué sur le corps que les muscles (en jaune) doivent compenser.

Vous l’avez compris, si la théorie fonctionne, il s’agit bien d’un moyen d’avoir un réel retour d’informations de la piste et de la voiture. Avant de me rendre chez Maël qui m’a très gentiment accueilli en réinstallant le Geko pour l’occasion, j’avais une grande attente vis-à-vis de ses promesses. Après avoir patienté plusieurs années, je pouvais enfin essayer une solution différente des autres.

Réagir autrement

En entrant dans le salon où le fauteuil est installé, je ne m’attendais pas à découvrir un objet plutôt bien fini. J’ignore le nombre de fauteuils produits par an, mais cela reste du beau travail. La matière est belle – je me suis même demandé si c’était du cuir – les coutures sont nettes. L’objet en lui-même n’est pas aussi massif que je l’imaginais en voyant les photos. Dans un autre contexte, un magazine de déco par exemple, il aurait pu être l’oeuvre d’un créateur. Avec le volant installé devant, on ne peut pas se tromper d’usage.

Maël s’installe et s’équipe du harnais, comme dans une voiture de course, mais la FIA en moins. Il serre suffisamment pour pouvoir continuer néanmoins à respirer. Assetto Corsa est lancé sur une voiture simple et un circuit simple. Il active le siège, j’observe en particulier la partie mobile. Ça bouge bien, cela ne paraît pas violent, même si de l’extérieur, on devine que c’est puissant. Maël m’explique que le truc consiste à lutter contre le mouvement. Dans un virage à gauche, le fauteuil pousse sans cesse à gauche. En réaction, le pilote pousse naturellement vers la droite pour se remettre dans l’axe. En cas de survirage, la force se coupe, et le corps va donc naturellement plus à droite qu’il ne faut. Il ressent alors le survirage dans son corps, et peut donc corriger au volant ou au gaz.

Un retour de forces intuitif

A mon tour de m’installer. Première constatation, le fauteuil est très confortable. Rien ne gêne les jambes ou les bras. Les sangles sont importantes, il convient donc d’y faire attention. L’installation est plutôt simple néanmoins. Il suffit juste d’ajuster selon sa morphologie. Les sangles se règlent et se serrent comme sur un sac à dos d’alpinisme. Je n’imagine pas que je vais, en quelques minutes, réussir à apprivoiser ce nouvel outil. Par contre, vais-je parvenir à capter l’information que le Geko voudra me donner concernant la piste et la voiture ? Celle-ci est arrêtée en bord de piste quand Maël active le siège. De suite, je le ressens comme si un muscle se bandait. J’engage la première et j’accélère doucement, mon dos vibre, je souris… C’est magique !!! J’enfonce la pédale de droite et engage toutes les vitesses, et à chaque changement, un à-coup vient me rappeler que je suis bien en mouvement. Je passe sur des vibreurs, le siège réagit sans retard. Changeons de voiture pour une GT plus typée course et plus puissante, en étant attentif aux sensations. En rentrant fort dans des virages, en mettant trop de gaz, le fauteuil donne des retours d’informations intuitives. Le contrôle est facile. Il faut néanmoins rester très attentif. En effet, difficile de se reposer car, même en ligne droite, le fauteuil interagit. Un peu trop de relâchement peut soit nous éjecter de la piste, soit nous faire manquer un retour d’informations capital.

Verdict

Avant de l’essayer, je me posais une seule question : est-ce un plus pour le Simracing ? Après avoir roulé presque deux heures, je n’ai aucun doute. D’abord, les séances sont bien plus physiques et plus réelles, comparables à ce que doivent vivre les Realracers. Ensuite, les transferts de masses, les pertes d’adhérence, sont vécus avec son propre corps. Le volant n’est plus l’unique lien entre le pilote et la voiture. Le seul point négatif, pour moi, est que son installation chez moi demanderait bien trop de modifications à mon cockpit en bois. Et c’est bien dommage. Maël (Ragnarok32 chez Racing_FR) cherche un foyer d’accueil, n’hésitez à le contacter sur son annonce. Il sera, comme il l’a été pour moi, de très bons conseils.

Crédit photos : Live-Sim / Geko Systems

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