Karev Racing : la simu à l’aide du réel

Karev Racing - centre de formation à la course automobileLes simulateurs sont de plus en plus utilisés par les pilotes réels ou Real Racers, pour leur entraînement. Gain de temps, gain d’argent, ces machines, pas si éloignées de ce que nous pouvons nous-mêmes nous fournir aujourd’hui, sont devenues également un authentique outil de travail pour les équipes afin de développer les voitures. Certains l’ont compris et proposent leur solution, comme Karev Racing. Le centre, ouvert depuis peu dans l’Est de la France, s’adresse avant tout aux professionnels et amateurs de la course réelle, qui souhaitent se perfectionner. Les Simracers peuvent aussi y avoir accès et bénéficier des atouts du matériel comme de conseils avisés.

 

Nous avons voulu en savoir plus et sommes allés à la rencontre de son créateur et actuel animateur, Cédric Cardone. Peux-tu nous présenter ton activité en quelques mots ?

Bien sûr ! Mon centre de formation à la course auto, Karev Racing, est ouvert depuis 2017 à Saint-Avold, en Moselle. C’est un projet qui me tenait à coeur car j’ai toujours été passionné par les sports mécaniques. J’ai d’ailleurs couru en réel et j’ai pensé que ce concept plairait aux pilotes de la région qui souhaitent se perfectionner.
D’autre part, cette création est aussi une promesse faite quand j’étais routier longue distance : celle d’arrêter de travailler loin de la maison lorsque nous aurions un bébé. C’est arrivé et j’ai donc fait le nécessaire pour être plus présent. Je me suis rapproché de ce qui existe en simulation, j’ai découvert le Simracing, et j’ai developpé l’idée.

 

Tu peux nous en dire un peu plus sur le matériel proposé ?

Il se base sur un cockpit de chez Motorsport Simulator, une entreprise tchèque, qui est conçu pour être le plus réaliste et le plus complet possible.
Le simulateur comprend :

  • un authentique siège de compétition et des harnais Sparco homologués et validés par la FIA,
  • un volant Direct Drive Accuforce V2,
  • un pédalier Sim Pedals Ultimate de chez Heusinkveld,
  • levier de vitesse séquentiel et frein à main,
  • trois écrans très larges,
  • un HUD déporté sur des LCD G-Force,
  • un système Logitech pour le son sur haut-parleurs,
  • une button box.

Le tout est mis en mouvement par deux vérins dans le dos et un au sol pour le lacet. C’est évidemment adaptable à toutes les morphologies.
La structure est carénée et donne une vraie impression de solidité. Mais attention : vous ne pouvez pas y entrer n’importe comment. Certaines parties, comme le volant, sont fragiles et il faut respecter quelques précautions pour pouvoir s’installer.
En dehors de ça, c’est personnalisable. Le cockpit porte les couleurs de Karev Racing. Nous sommes aussi distributeurs du système.

Et côté simulation ?

Nos séances se déroulent principalement sur Assetto Corsa. Mais nous pouvons proposer à peu près tout ce qui se fait sur le marché : iRacing, RaceRoom Racing Experience, Project Cars, Automobilista. Le simulateur accueille aussi Dirt. L’idée est de pouvoir répondre aux attentes de chacun.

 

Qu’en est-il justement des pilotes que tu accueilles ?

Comme je l’ai dit, Karev Racing est avant tout pensé pour la formation des pilotes réels. Nous avons d’ores et déjà accueilli des équipes, avec leurs ingénieurs, qui évoluent actuellement en Porsche Carrera Cup ou en GT, en Endurance. Ils viennent du Luxembourg, afin de se perfectionner pendant la saison hivernale. Je ne peux pas en dire plus à ce sujet car je suis tenu à une certaine confidentialité.
Notre porte n’est cependant pas fermée aux Simracers. Bien au contraire. Récemment, un passionné a fait je ne sais combien d’heures de train et de route pour pouvoir travailler sur le simulateur, car il court actuellement à très haut niveau sur iRacing.

Comment peux-tu les aider ?

Les pilotes roulent pendant que je veille sur eux depuis l’extérieur de la pièce réservée, via une fenêtre, près des écrans de contrôle.
Chez les plus novices, mon expérience sur circuit suffit pour détecter facilement les petits défauts, les signaler et accompagner les pilotes dans leurs corrections.
En ce qui concerne les plus expérimentés par contre, je vais avoir recours à la télémétrie, via la solution Z1 Analyzer qui est extrêmement bien faite. Je peux ainsi notamment comparer différents tours et voir ce qui a fonctionné ou pas, donner les bons conseils pour les points de freinage ou les vitesses d’entrée dans tel ou tel virage, etc…
Globalement, j’essaie de proposer une formation adaptée aux besoins de chacun, qui peut même se décomposer en différents thèmes et en plusieurs sessions.

 

Et je crois savoir que vous êtes d’ailleurs sponsor d’un pilote de la région depuis peu ?

Oui, il s’agit de Damien Dussoul, Champion de classe et vice champion de division 1 en BGDC l’an passé, qui est aussi pilote instructeur de profession. Il fait actuellement partie de la team HTH MOTORSPORT en RCZ CUP R.
Il s’entraîne sur le simulateur et est enthousiasmé par ses qualités. Cela me conforte encore un peu plus dans les choix que j’ai faits et le concept que j’ai développé.

J’ai vu que Karev Racing avait été présent sur de nombreux événements : de grandes courses, des rallyes, des salons autos, des rassemblements de passionnés…

Oui, nous avons une remorque pensée pour transporter en toute sécurité le simulateur. Cela nous permet de faire découvrir notre solution aux amateurs et aux pilotes. Ils peuvent ainsi se rendre compte de la qualité du matériel, de notre sérieux et comprendre ce que nous pouvons leur apporter.

Pourquoi avoir présenté ton simulateur aussi dans une galerie marchande ? Tu ne te fermes donc pas au grand public ?

Cela a été une très belle expérience. La machine n’a pas arrêté de tourner du week-end et les gens ont vraiment été surpris de découvrir un tel matériel, et de voir ce qu’il est possible de faire en simulation.
Cela m’a même permis de recevoir une réservation pour une fête privée. C’est une autre partie de mon activité. Location lors d’événements, soirée VIP : Karev Racing peut organiser un moment privilégié autour du simulateur, avec des mini-championnats par exemple. C’est un service clé en main, traiteur et personnel dédié compris.

 

Quels sont les tarifs ?

Pour les pilotes réels qui désirent un coaching spécifique, il faut étudier leurs attentes afin de construire une proposition adaptée, comme pour les soirées. En ce qui concerne le grand public, qui souhaite découvrir et se faire plaisir, Karev Racing fonctionne par contre sur différents pass, établis selon le temps accordé. Tout est décrit en détail sur notre site Internet.

Comment envisages-tu l’avenir au bout de quelques mois de fonctionnement ?

Sereinement. Nous sommes en train de construire notre petite réputation dans le monde du sport auto et le bouche-à-oreille fonctionne. Il y a encore du travail pour nous faire connaître mais nous mettons les moyens.
Les soirées privées fonctionnent aussi très bien : les gens sont satisfaits. C’est donc une partie de notre activité que nous allons pérenniser.
Maintenant, j’aimerais aussi développer un peu plus la partie Simracing. Je suis vraiment surpris par l’enthousiasme, le sérieux et la peine que vous vous donnez pour faire vivre votre passion. Je fais vraiment de belles rencontres. Alors j’ai commencé à développer des championnats pour que les Simracers puissent s’affronter sur le simulateur. Je pense même aller jusqu’à le proposer lors de courses en ligne, chez des ligues françaises. Mais je ne peux pas en dire plus car c’est en préparation.

 

Motorsport Simulator : premiers tours de roues

Imaginez deux portes coulissantes couvertes entièrement d’une photo de stand de F1. Derrière, si la bête est au calme, ses couleurs de guerre (et ses écrans) vous sautent aux yeux, rehaussés par le noir des murs. Quelques détails m’ont aussi amusé comme cet aileron arrière supérieur et les ailettes inférieures.

Avant de monter, Cédric vous propose gants et bottines (j’avais apporté les miens) et vous précise comment vous installer. Il règle le pédalier selon vos besoins, vous aide à vous harnacher, lance la simulation et vous laisse pour aller se placer derrière sa vitre, devant ses écrans, tandis que les vérins se calibrent.

Vous voilà seul, sans autre lumière que celles des énormes écrans, avec (pour ma part) la Porsche GT3 Cup 2017, sur le circuit de Spa Francorchamps, tels que nous les propose Assetto Corsa.Vos yeux sont frappés d’entrée : quel plaisir de disposer d’un FOV (Field Of View ou Champ de Vision) large, haut et qui semble réaliste ! Vos oreilles en profitent pour leur part dès que le moteur commence à monter dans les tours : c’est assourdissant, mais jouissif.
Puis c’est le toucher qui s’impose. Le volant est dur, si dur qu’il m’a fallu le lâcher en ligne droite pour détendre les mains, mais il sait être souple et permettre une parfaite réactivité. Quant au levier de vitesse (séquentiel), comme la roue, il tombe exactement sous la main (ou plutôt à côté puisqu’il est à la même hauteur que votre tête), et semble si solide que je me suis plu à le tirer fortement et à quasiment taper dedans pour descendre les rapports.

Tout cela ferait presque oublier qu’il faut piloter en finesse. Les hanches, et plus précisément, les vérins dans le dos et au sol vous le rappellent : leurs débattements et leurs précisions font naturellement revenir vos réflexes acquis au volant d’une voiture réelle, si bien que je n’ai pas osé taper dans les tours tout de suite et qu’il m’a fallu trois-quatre boucles pour prendre confiance et lâcher les chevaux.

Mais cela présente malheureusement un problème : c’est addictif. Quand vous avez compris le système, que vous ressentez la voiture avec vos hanches et que le matériel est assez solide pour supporter vos caprices, vous voulez repousser les limites. Un feu vert clignotant vous signale, sereinement, sans vous stresser, que la session est bientôt terminée. Quand il passe au rouge, il faut rentrer aux stands (ce que j’ai mis évidemment un point d’honneur à faire).

Après c’est le débriefing, avec étude possible de vos différents tours sur la télémétrie pour connaître en détail le bon et le mauvais. Pour ma part, j’ai battu mon record personnel sur ce combo. Mais je suis persuadé qu’avec ce matériel et les conseils de Cédric, il me serait possible de gagner encore du temps. Peut-être une prochaine fois ? Pour l’heure, je vous invite à consulter :

Crédits photos : Tanguy Endenmann (Live-Sim) / Karev Racing

4 commentaires

  1. Encore un bon article comme d’habitude!

    Par contre un simulateur qui ne tourne pas sur RF2???
    C’est pourtant le soft le plus utilisé pas les professionnels…

  2. Salut Cantalou,
    merci pour ton commentaire, comme d’habitude 😉 !
    Pour ce qui est de RF2, ce n’est pas le premier du nom qui est (encore !) utilisé par beaucoup (trop) de professionnels ?

  3. NON!!!! On utilisera jamais trop Rfactor 1 et 2 c’est ce qui se fait de mieux au niveau du tyres model, je crois même que c’est le seul a avoir autant de façons d’user les pneus, j’adore Assetto Corsa mais c’est très limiter justement au niveau de l’usure des pneus et du freinage, Automobilista est très bien par contre, même de mieux en mieux, bon Iracing…je vais encore m’attirer les foudres des simracers extrémiste mais c’est pas un secret, personnellement je ne lui trouve aucun intérêt a par peut être son multi qui est très bien foutu, le reste n’est pas au niveau de RF2 une fois agrémenté de quelques bon mods FFB, HUD, etc.
    Bien-sur tout ca n’est que mon ressentit personnelle 😉

    J’en profite pour glisser une petite pub pour l’interligue 2018 qui se déroulera sur RF2 justement avec 6 ligues qui vont s’affronter durant 5 mois, elle réunira les Racing-fr, eMSF, Proracing, Simuracing, Olds Drivers Spirit et LSF…les détails ici: http://teamlsf.fr/blog-post/interligue-rf2/

  4. Je crois qu’en matière de simulation, les « professionnels » sont comme tout le monde : libre de leur choix.
    Cédric, comme d’autres « pros », ou d’autres Simracers chevronnés, considèrent Assetto Corsa comme la simulation la plus aboutie, entendons par là, celle qui leur correspond le mieux, c’est-à-dire qui répond le plus à leurs attentes.
    Mais il est vrai que je vois personnellement peu de « pros » utiliser rFactor et c’est bien dommage. Je suis comme toi, épaté par le travail qui a été fait sur le tyre model, sur le grip et sur le rendu au niveau retour de force.
    Malheureusement, beaucoup ne l’apprécient pas à sa juste valeur et rF1 ou 2 font partie des simus les moins en « vogue » (pour ne pas dire les moins utilisées).
    Peut-être que cela changera avec l’évolution du titre, c’est tout ce que je leur souhaite.
    Merci pour ton retour.
    PS : la rédaction de Live-Sim est toujours à l’écoute de ceux qui veulent communiquer sur leurs events. Certains n’hésitent à nous envoyer leurs infos directement. N’hésite pas non plus, que nous puissions la mettre en valeur comme nous savons le faire.

Et vous, qu'en pensez-vous ?