Magique, Mythique, Unique, Tragique

L’événement tant attendu a eu lieu. Pour Toyota et Porsche, le dernier tour a bien été digne d’une tragédie grecque. Enzo Ferrari avait raison de dire qu’avant de terminer premier, il faut d’abord terminer. Porsche n’a pas lâché Toyota qui n’a pu se relâcher. L’équipe Live-Sim, présente sur place, a pu profiter de la course et de réelles rencontres, remplies de vraies conversations. Le retour a été difficile, mais puisque tout le monde est bien rentré, nous pouvons partager avec vous nos plus que 24h du Mans 2016.

Le quotidien de la rédaction Live-Sim est plutôt constitué de discussions autour de micros et de clavier. Les 24h du Mans a l’aura des courses mythiques. Le Simracing en rêve. Et quand nous avons évoqué l’idée d’y aller, nous n’avons pas autant hésité que pour la fête de la cerise de Westhoffen. La course effectivement a été tragique pour Toyota. Tout ceux qui l’ont vécue s’en souviendront longtemps. Cette course entre dans la légende. Dans vingt ans, on en reparlera encore. Nous n’en dirons pas plus, car Live-Sim n’est pas Auto Hebdo. Nous aimons le Realracing, mais nous racontons le Simracing.

Et quelle contradiction de se rencontrer physiquement (Tanguy, Franck, Skanibal et Jacky), sur une piste virtuelle où nous avons tous roulé. Je ne peux que conseiller à tous les Simracers de faire l’effort de se rencontrer réellement. Se voir est différent. Ainsi nous avons pu échanger avec Marc Chapelle d’Enduracers, qui m’a confirmé que le mod Endurance Series, avec quelques nouveautés, devrait être disponible avant la fin de l’année. Une bonne heure de discussion avant la pluie, sur rFactor2, ISI, le nouveau modèle de pneus, les commandes des  équipes professionnelles, les physics, etc. Nous avons pu également nous transmettre entre « collègues » de Live-Sim, un vieux volant dormant dans un garage, pour en remplacer un encore plus vieux. Le premier, un G25, comme le second, un Momo Racing, sont ravis. L’un d’avoir un nouveau maître (heureux), et l’autre de prendre sa retraite bien méritée (après près de quinze ans de bons et loyaux services).

Un peu plus tard, la nuit commençait déjà, dans un moment « calme ». On ne va quand même pas dire silencieux, mais disons qu’il y a moins de monde. Avec plus de 250 000 spectateurs, pas facile de se déplacer sur cette grande piste. De Tertre Rouge au Karting, la zone où le public est libre, il faut bien compter 90 minutes. Prendre rendez-vous avec quelqu’un est compliqué. Et l’événement Facebook, finalement, n’était pas le bon outil pour communiquer. Un comble, n’est-ce pas ? Le téléphone mobile lui est sûr, pourvu qu’il soit bien chargé, et qu’on n’utilise que les SMS, car avec les bruits incessants de 60 moteurs, à allure de course, difficile de s’entendre. Dans le village, nous avons aussi rencontré dans la fameuse et décevante (à notre goût) VirtualRoom, les équipes BAM et VirtualDrivers by TX3, qui avaient participé à la finale du championnat de France Forza. Cet autre aspect, qu’est le Simracing console, sur pad ou avec un volant, fait aussi partie du Simworld. A la rédaction, nous sommes plutôt issus du monde PC. Pourtant, nous voyons bien la masse des Simracers provenant du monde console. Ce n’est pas seulement de la curiosité. Live-Sim ne prêche pas pour une quelconque paroisse. Un jour, sans doute, nous roulerons tous ensemble sur les mêmes serveurs quand les éditeurs se décideront à créer des serveurs cross-plateformes. Nous ne les attendrons pas pour commencer les discussions. Le Simworld est un bloc. Sans frontière.

 

Toutes ces rencontres ont pour nous un énorme intérêt. Elles permettent de se faire connaître évidemment. Mais aussi et d’abord, elles sont vecteurs d’informations, prémisses des futurs articles que nous écrirons dans les semaines qui viennent. Parmi eux, une rencontre qui, nous l’espèrons, fera date. En effet, Olivier nous avait contactés suite à l’article sur le E-sport. Particulièrement enthousiaste et passionné, il nous avait parlés de son projet. Nous ne sommes pas les seuls à avoir été séduits, puisque Stéphane, président des VirtualDrivers by TX3 et fondateur de Race Start Concept, fabriquant de simulateurs depuis sept ans, y croit aussi. Pour commencer, Olivier a créé un nouveau concept de salle, Sim Racing Track, dont la première a ouvert à Montévrain (à côté de Marne La vallée). Il va y organiser une course inédite, 24 Heures en LAN chez Sim-Racing-Track. Live-Sim est partenaire, le projet mérite amplement un papier à part, vous en saurez plus rapidement. Merci à lui en tout cas, car il nous a permis d’entrer dans le stand Pegasus Racing au cœur de la nuit du Mans.

Le village, par contre, n’était pas très Simracing. Enfin pas autant que d’habitude, ou pas assez pour Live-Sim. Xbox (avec Forza) a remplacé Playstation, avec quelques pods composés notamment d’écrans grands comme des timbres postes. En exagèrant à peine, tant les écrans étaient loins des volants. La VirtualRoom, sur laquelle ACO a beaucoup communiqué, n’était pas non plus extraordinaire. Quelques installations, un podium qui prenait bien un quart de la surface, et de la réalité virtuelle avec une vidéo de la piste des 24H. Il y a encore du chemin. Mais la plus grande déception, à notre avis, était le simulateur Michelin. Un simu dynamique 6 axes hydraulique, déplaçant une plateforme avec 3 écrans, volant et pédalier.  Un bel effet « whaou ! » vu de l’extérieur. En s’approchant, il n’y avait que deux écrans actifs. Le 3e, pour une raison inconnue, était un bureau Windows, avec un pop-up réclamant une mise à jour de l’antivirus. En s’asseyant, le volant était dur, le frein était mou, impossible de passer les vitesses manuellement, et le graphisme, comment dire pour rester poli… Disons qu’il surfe encore plus sur le Retrogaming que rFactor 1. La piste du Mans reproduite était loin d’être scannée au laser. Le fabricant est à priori un Cruden Hexatech, connu pour réaliser des simulateurs, du matériel au logiciel. Il équipe I-Way et quelques équipes de F1, et surtout AOTech qui teste et autorise les pilotes roulant pour la 1ère fois au Mans. Comment imaginer qu’un pilote puisse se servir de ce type de simulateur, tant le niveau graphique est mauvais. Autant un spectateur lambda peut être satisfait, autant un Simracer ne peut être que choqué par tant de mépris.

Côté piste, nous avons eu droit à quelques aménagements. Notamment à Arnage, cet endroit mythique, où les spectateurs sont particulièrement près des voitures. La butte d’origine a été surélevée, et une deuxième a été érigée, juste derrière un nouveau dégagement en gravier, devant LE Virage du circuit, Indianapolis. Désormais, les spectateurs peuvent voir les voitures y entrer et freiner avant le premier gauche d’Arnage. Les moddeurs auront un peu de travail pour retranscrire sur nos jeux les modifications sur les abords de la piste. Nous avons également poussé jusqu’à Mulsanne, pour y voir le seul gros freinage accessible au public. Les spectateurs mériteraient d’être placés 50m plus loin pour voir le début du freinage. Néanmoins pour des Simracers, il est particulièrement intéressant de voir en face à face, le freinage des voitures qui parfois flottent de l’arrière, avant de s’engager vers la droite. Les différences sont flagrantes entre les équipes, mais aussi entre les pilotes. La corde comme le moment de reprise des gaz ne sont pas les mêmes pour tous.

Les 24h du Mans, pour Toyota,  c’était trop long. Pour nous, au contraire,  il nous a manqués du temps. Nous savions qu’une partie du personnel de Project CARS était présente. La rumeur bruissait que ceux d’Assetto Corsa, après avoir annoncé la licence, étaient présents dans les hospitalités Porsche. Difficile sans leur contact de les trouver parmi tout le public. Nous n’avons pas pu compter sur la chance. En terminant cette rétro, nous ne pouvons que penser à Charlie le simracer qui se sentait désespérément seul à la Gamer’s Assembly. Le rêve serait vraiment de le retrouver ici, avec 200 autres Simracers, pour une course virtuelle organisée au Mans, pendant les 24 Heures.

Un jour, ce rêve sera réalité. Et Live-Sim sera là.

Crédit photos : Live-Sim

Et vous, qu'en pensez-vous ?