SimRacing FRance, de l’aurore au renouveau

Une ligue où aucune cotisation n’est demandée aux pilotes, avec des épreuves aux formats variés, et qui permet une gestion de carrière multi-plateforme, avec Automobilista, Assetto Corsa, Project Cars & Race Room, vous connaissez ? Fort de 600 membres, et de plusieurs ligues majeures, SimRacing-FRance apporte un nouveau standard de services rendus aux simracers. Jeune et pourtant particulièrement mature, autofinancée par la communauté, la seule vraie exigence de la ligue est le respect des membres entre eux : sur la piste comme en dehors. SimRacing-FRance a bien voulu nous accorder une interview.

Vous êtes un nouvel acteur dans le Simracing. Par contre vous n’êtes pas nouveau dans le paysage des serveurs de jeux. Quelle était votre envie au départ ?

SimRacing-FRance  est né sur la base de la communauté Project Cars Community France – Division PC (PCCF-PC), gérée par Razor et Sypher. Il s’agissait donc bien de Simracing. De son côté, la multigaming Aurore, connue par le passé pour la gestion de serveurs Arma entres autres, développait une team de pilotes sous l’impulsion d’un ancien membre de la ligue F1CL. Elle a donc participé à différents championnats PCCF, ce qui a permis la rencontre de tous les acteurs du projet. L’équipe PCCF-PC souhaitait s’ouvrir à d’autres simulations et proposer une plateforme multigaming regroupant les meilleures simulations du marché, et a contacté la team AMG pour travailler ensemble sur un projet novateur. Nous sommes donc partis de plusieurs constats : Les simulations sont nombreuses sur le marché avec chacune leur public, leurs points forts mais aussi leurs lacunes. Il existe des systèmes de “ranking” – évaluation des performances – sur tous les types de jeux, mais très peu en Simracing. Lorsqu’il existe, il est dédié à une seule plateforme, comme iRacing. Par ailleurs, aucun moyen statistique ne permet de comparer les performances d’un joueur Raceroom et d’un joueur Assetto par exemple. Pourtant dans la plupart des jeux est inclus un mode “carrière” et un “profil du joueur”, bien souvent uniquement exploitable en solo, et très peu représentatif du niveau réel du joueur en ligne. Forts de ces observations, nous avons donc souhaité développer une plateforme capable d’offrir à la communauté du Simracing francophone des outils d’organisation, de gestion, de diffusion et de communication, adaptés à sa notoriété et sa technicité toujours grandissante. Nous avons donc conçu et développé un système de ranking capable d’analyser votre session de jeu, sur la base de données brutes, indépendantes du jeu sur lequel s’est déroulée la session. Ce système permet non seulement la création et la gestion de nombreux événements, mais aussi l’interprétation des résultats, et la mise à jour automatique des profils de pilotes en terme de performances et statistiques.

Comment est organisé SimRacing FRance ?

Une équipe de cinq administrateurs, Razor, Spark, Sypher, Vaxou et Juju gère la plateforme au quotidien. Une équipe d’organisateurs d’événements, Pierre, Thibaut et Frank, entièrement issus de la communauté vient de voir le jour. Cette équipe a pour vocation d’évoluer, le but étant de former petit à petit la communauté à l’utilisation des outils. Une équipe technique, Vince, Max, Alex et Juju travaille au développement, à l’amélioration continue et à la maintenance des outils. SimRacing-FRance n’est pas une ligue à proprement parler : notre but est de proposer à toute la communauté du Simracing francophone (teams, ligues, pilotes, streamers) un système de mesure commun et une plateforme dédiée, entièrement développée selon ses besoins. Nous travaillons d’ores et déjà à proposer l’organisation d’événements aux teams et ligues impliquées dans cette communauté. Par exemple, la ligue EVOF1 utilise désormais le système SimRacing-FRance. D’autres projets avec d’autres acteurs du Simracing sont en cours pour lesquels nous ne pouvons donner plus de détails pour le moment.

Par quels jeux avez-vous commencé ?

Trois jeux étaient disponibles au lancement de la plateforme : Project Cars, Automobilista et Race Room. Assetto Corsa était déjà prévu, mais des contraintes techniques concernant l’interprétation et l’intégration des résultats nous ont contraints à décaler son utilisation d’une saison. Nous sommes convaincus que chacun a ses points forts et ses faiblesses, et que la simulation parfaite n’existe pas encore. Il est important de bien comprendre que les avis de chacun peuvent être bien différents en fonction des attentes, du matériel, du ressenti et de l’expérience. L’essentiel étant, selon nous, de proposer un ensemble cohérent qui permet à chaque pilote de prendre du plaisir en piste.

Comment se fait le choix des jeux ?

Plusieurs critères sont déterminants pour le choix des jeux intégrés à la plateforme SimRacing-FRance : Le jeu doit intégrer une gestion poussée de la physique du véhicule, des pneus et de la piste, un système de pénalités pour les cuts et idéalement la gestion des drapeaux, ainsi qu’un système de logs exploitable dans lequel nous devons retrouver toutes les infos dont nous avons besoin pour mesurer la performance des pilotes.

C’est ce qu’il manque encore au Simracing pour que cela explose en terme de visibilité ?

Le Simracing était, il y a encore quelques années, une niche, mais c’est de moins en moins vrai. Il y a de plus en plus de joueurs, des communautés sur chacune des plateformes de jeux, et un réel engouement autour des diffusions et du développement de la discipline en général. Pour accroître sa visibilité, les compétitions e-sport doivent se développer, sur iRacing par exemple. Il est un peu dommage que Project Cars soit le seul représentant de la discipline en ESL. Il faudrait des compétitions officielles nationales et internationales sur toutes les plateformes de jeux, portées par la fédération française de Simracing. Elle recenserait les pratiques, pour les connecter et les développer. Il est essentiel de rapprocher les communautés à l’échelle nationale et internationale. De même l’appui des promoteurs du sport automobile serait crucial. Le Simracing est totalement ancré dans le sport auto et permet même dans certains cas de déceler des talents. La plupart des pilotes travaillent sur des simulateurs exploitant les mêmes logiciels que les Simracers les plus expérimentés. Selon nous, le Simracing a beaucoup à gagner de l’interaction avec le sport auto réel. Enfin une évolution des mentalités nous parait essentielle : depuis trop longtemps, la communauté du Simracing subit la guerre des plateformes, des jeux et des périphériques. De notre point de vue, il existe simplement différentes façons de pratiquer, avec différents niveaux de réalisme. Une pratique n’est pas meilleure qu’une autre. Notre passion commune de la simulation automobile doit plutôt nous rassembler que nous diviser.

Je vous ai d’ailleurs découvert via le système de carrière, qui me paraît justement être une sacrée idée pour nous rassembler. Quels étaient vos objectifs ?

Il y a plusieurs raisons et objectifs à la mise en place d’un tel système : D’abord pour créer un véritable mode carrière multijoueurs sur les plateformes de simulations qu’ils pratiquent. Cela inclut un système de ranking, permettant de mesurer le niveau des pilotes et un accès à tout un ensemble de données statistiques relatives à leurs sessions de jeu afin d’avoir un historique complet des courses auxquelles ils ont participé. L’implication par le pilote dans une carrière simulée pousse l’immersion et l’expérience du jeu. Le joueur devra faire ses propres choix en terme de plateforme, de catégorie, et de championnats pour arriver à accomplir ses objectifs de carrière. Il pourra également faire le choix d’intégrer l’une des nombreuses teams présentes sur SimRacing-FRance qui recrutent des pilotes débutants comme confirmés. D’ailleurs ces outils statistiques et de calculs de performances leur permettent de pouvoir sélectionner et recruter des pilotes sur des données tangibles. A terme nous souhaitons proposer l’organisation d’événements nivelés, accessibles soit aux pilotes confirmés, soit aux pilotes débutants. Néanmoins, si le système est totalement fonctionnel, il faut noter que comme tout système statistique, il a besoin d’être alimenté pour prendre tout son sens, et donc de temps. La prochaine étape (d’ores et déjà en travail au sein de l’équipe technique) consiste à aller encore plus loin dans l’intégration de certains outils dans l’interface utilisateur. Le but étant de développer une plateforme complètement dédiée à la communauté du Simracing sur PC, permettant non seulement la participation à une carrière de pilote virtuel, mais aussi l’organisation et la gestion d’événements par les teams et ligues impliqués dans cette communauté.

La présentation détaillée est disponible sur SimRacing-France.

Vous avez un historique désormais avec des dizaines de courses. Avec le recul quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de leur mise en place ?

En dehors des inévitables bugs liés aux outils, à la plateforme de jeux ou à sa mise à jour, nous ne rencontrons pas de souci majeur. Il est parfois déplaisant d’avoir des événements gâchés suite à une mise à jour foireuse déployée trop tôt ou sans tests approfondis. L’une des plus grandes difficultés que nous rencontrons est le manque de dialogue et d’interaction directe entre la communauté et les éditeurs de jeux. Certains éditeurs travaillent déjà avec des solutions de déploiement différé permettant à une partie de la communauté de pouvoir tester tous les aspects d’une mise à jour mais aussi son impact sur le contenu déjà en place. Il faudrait que ce concept se démocratise.

Dans une fédération par exemple ? Car vous êtes impliqués dans le projet de création de fédération pour lequel nous avons produit quelques articles. Pourquoi est-ce important d’y être ?

Toute l’équipe d’administration considère notre discipline comme un sport. En effet, la pratique du Simracing demande : rigueur, implication, esprit d’équipe, respect des règles et de ses adversaires, autant de valeurs véhiculées par tous les sports. A ce titre, cette pratique mérite les mêmes structures et la même organisation hiérarchique que n’importe quelle activité sportive et compétitive. Il est important, et même essentiel d’être impliqué dans ce projet de fédération car la plateforme SimRacing-FRance s’inscrit dans cette démarche fédératrice. Dès sa création nous avons cherché à mettre en avant les valeurs portées par la discipline. Nous essayons de fédérer un grand nombre de teams et ligues en leur offrant des outils d’organisation, de gestion, de diffusion et de communication, à la hauteur de leurs besoins. Notre système de notation des performances est conçu pour évaluer les compétences d’un pilote, indépendamment de la plateforme qu’il utilise. Il récompense également la rigueur, l’implication et le respect des règles et de ses adversaires. Nous sommes donc convaincus de l’utilité d’une fédération française du Simracing, qui sera à même de rassembler l’ensemble des acteurs : des joueurs novices jusqu’aux professionnels de la discipline.

Dans les discussions autour de la fédération, la question des consoles et des joueurs sur pad a cristallisé le débat. Qu’en pensez-vous ? Les joueurs sur consoles sont-ils trop volages, comme le pensent certains, ou au contraire sont-ils un moyen de débuter le Simracing, comme peut l’être le karting pour le Realracing ?

Nous considérons que c’est plus une question d’état d’esprit que de périphériques. Chez SimRacing-FRance, nous acceptons les joueurs manettes, après nous être assurés qu’ils ont le bon état d’esprit. Certains ont d’ailleurs évolué vers la pratique au volant, et sont devenus de vrais challengers. Le plus important, selon nous, est que le joueur respecte les règles de la discipline et prenne du plaisir à jouer. C’est notre rôle que d’accompagner ces joueurs vers une pratique plus poussée, par l’acquisition de matériel plus adapté à la pratique du Simracing.

Quels sont les prochains projets de SimRacing-FRance ?

Nous préparons actuellement le contenu pour la trêve estivale et nous travaillons avec la communauté à la construction de la saison 3 qui débutera en septembre. Dans le même temps, l’équipe technique travaille sur l’interface utilisateur et l’ajout de nouvelles fonctionnalités au système. Comme évoqué plus haut, nos projets pour l’avenir de la plateforme concernent l’interface utilisateur mais aussi l’interaction avec la communauté et les organisateurs d’événements. Nous souhaitons continuer d’agrandir cette communauté et travailler avec de plus en plus d’acteurs du simracing, comme c’est le cas aujourd’hui avec les ligues NTFrance & EVOF1, mais aussi des teams comme la Elsass SimRacers, Nova Racing Team, 3ART, PSFRacing…, nos partenaires streamers : BenjxMotors, Wallstark, R3zn0r, Su7 Gaming… Tous ces acteurs, et bien d’autres encore participent, chacun à leur niveau, à l’évolution et la pérennisation de la plateforme. Nous souhaitons leur offrir des outils d’organisation, de gestion, de diffusion et de communication performants et modernes nécessaires au partage et à l’évolution de notre passion.

Merci à SimRacing-France d’avoir raconté leur Simracing. Ça respire la passion et l’expérience. N’hésitez pas à aller sur leur site pour en savoir plus.

2 commentaires

  1. Interview au top! Les gars de SimRacing France sont vraiment sympas (en tout cas ceux avec qui j’avais pris contact en décembre il me semble). Et surtout ils se prennent pas la tête à une guerre des périphériques, de la meilleure simu etc. Et ce raisonnement que je tente de défendre à mon niveau montre sa force avec la mise en application ingénieuse de leur plateforme. Il n’y a qu’à voir le nombre d’inscrit! Bravo!
    Quand je vois que l’on me critique vivement parce que je veux tester la dernière FRX-17 de RaceRoom à la manette pour voir une comparaison avec le volant et voir si c’est bien jouable, ça me fais plaisir de voir que les joueurs manette sont acceptés comme les autres pour leur respect de lautre et des règles. Un énorme merci!

    Une remarque avec leur outil de Ranking, en fait ils font deja un peu le travail « exécutif » d’une fédération quelque part. À voir où cela va mener et s’il sera possible pour eux de se rendre « désirable » auprès d’investisseurs pour développer leur projet.

  2. Je confirme, l’outil de ranking serait un plus pour la fédération, et pour les simracers pour se classer.

Et vous, qu'en pensez-vous ?